Faut-il choquer pour convaincre ?

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Voilà un sujet qui prête à controverse ! En effet, les débats font rage entre les organismes d’utilité publique et l’opinion publique. Les premiers voient dans cette technique de prévention un moyen de faire passer un message de manière marquante et qui permettra de mobiliser l’attention du spectateur. Les deuxièmes y voient un problème d’éthique par l’utilisation de la peur pour transmettre un message et une atteinte à la protection des enfants, susceptibles d’être confrontés à des visuels parfois très violents.  Cependant, nous ne rentrerons pas dans ce débat mais nous tenterons de comprendre les mécanismes utilisés par les publicitaires pour convaincre par le biais d’images choquantes.

Démocratisée par les Anglo-saxons, cette technique publicitaire est aujourd’hui très répandue pour faire passer des messages d’intérêt général : anti-tabac, anti-drogue, protection des enfants, des animaux, violences conjugales, sécurité routière… Les associations, ONG et autres organismes ont souvent recours à cette technique dans leurs campagnes de communication.

Les scénarios qu’ils réalisent sont généralement construits comme un véritable court métrage avec des procédés cinématographiques très spécifiques. L’accent est principalement mis sur les éléments visuels et auditifs. Les images peuvent être qualifiées de violentes, choquantes, traumatisantes, horribles… et les éléments sonores sont très marquants avec des cris, des pleurs et des hurlements.  Au niveau du texte, les visuels se contentent de simples phrases courtes très directes et objectives.

Au niveau de la mise en scène, la présentation des faits est réalisée de manière différente. Les images peuvent être réelles et montrer les drames de manière très directe (choc de deux voitures, corps d’une personne souffrant d’anorexie…) ou alors les images peuvent être suggestives et montrer plutôt les conséquences de ces tragédies (mère en pleurs, automutilation due à la drogue…). Cette alternance dans la construction des spots permet principalement d’éviter de provoquer un phénomène d’accoutumance et de toucher un grand nombre de personnes.


Nous pouvons, cependant, nous demander comment la communication se met au service de la prévention. Quels processus psychologiques sont mobilisés au travers ces messages choquants ?

L’avis du psy

Les messages préventifs sont crées pour des problématiques très diverses (sécurité routière, drogue, maltraitance…) dans l’optique de limiter des risques et de prévoir des mesures de protection. Ils sont souvent construits et élaborés de manière similaire. Des situations traumatiques pouvant s’apparenter à une éventuelle réalité sont mises en scène. Elles nous touchent donc directement car nous nous identifions ainsi rapidement aux victimes. Notre sensibilisation au problème est alors plus forte.

En psychologie, de multiples hypothèses tentent de donner des éléments d’explication et de compréhension aux conduites à risque. Différents courants et auteurs travaillent activement sur ce sujet. Ainsi, les recherches portent sur plusieurs thèmes : le rapport que les personnes entretiennent avec les limites (représentées par la loi), le sentiment de maîtrise et de toute-puissance, la conception individuelle de la liberté, les différentes organisations psychiques, la frustration, les mécanismes de négation, de sublimation, de fascination, d’autopunition, d’échec, de défi, les troubles de l’estime de soi,…

Certaines hypothèses semblent être reprises dans les messages présentés pour maximiser leur impact. Les différents spots induisent un ressenti émotionnel anxiogène, vécu physiquement et psychiquement. Ils réveillent nos angoisses, notamment notre angoisse de mort et viennent mettre une limite à notre illusion d’immortalité en nous révélant la réalité de notre finitude. Ils permettent aussi d’intégrer du doute dans un éventuel sentiment de toute-puissance et nous rappelle la nécessaire fonction des règles et de la loi. La prise de conscience serait-elle possible grâce à la déstabilisation ?

L’objectif principal de ces messages est donc de nous déranger par le biais de la peur notamment. Mais ce dérangement peut aussi avoir un effet inverse s’il provoque un sentiment d’insécurité trop important. En effet, nos défenses seraient alors mobilisées et elles nous décentreraient du discours donné. L’insécurité psychique doit rester transitoire et faire entrevoir des éléments qui viendront nous rassurer. Des aides sont ainsi proposées à la fin de nombreuses séquences en réponse à nos angoisses et nos peurs. Des solutions sont aussi parfois données pour éviter les situations problématiques et/ou traumatiques. La mission de protection reste ainsi prédominante.

Ces messages préventifs choquants arrivent-ils à vous convaincre face à d’éventuels dangers auxquels vous pourriez être exposés au quotidien ? Nous laissons le débat ouvert si vous souhaitez nous faire part de votre avis.

Auriane et Simon Gomez

D’autres exemples illustrant nos propos

  • Lutte contre l’anorexie

  • Sécurité routière

  • Anti drogue

  • Protection des femmes / violences conjugales

  • Lutte contre le SIDA


  • Prévention de l’alcoolisme

  • Respect des droits de l’homme

D’autres visuels ici

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